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Réglage d’une charnière de porte de meuble au tournevis, après pose

Guide, 9 min de lecture

Garantie et service après-vente sur une cuisine équipée

Le moment où l’on a besoin de connaître ses garanties est aussi celui où l’on n’a plus envie de lire. Autant le faire avant. Une cuisine équipée relève de plusieurs régimes de recours qui ne se déclenchent ni au même moment, ni contre les mêmes personnes, et l’un d’eux a changé en 2024.

Deux ans de garantie légale, et la pose est dedans

C’est le point le plus utile de tout ce qui suit, et il est mal connu. Le vendeur professionnel répond des défauts de conformité qui apparaissent dans les deux ans de la délivrance du bien. Il répond aussi, sur la même durée, des défauts résultant de l’installation, dès lors que celle-ci a été mise à sa charge par le contrat ou réalisée sous sa responsabilité.

Deux conséquences en découlent, et elles changent complètement une discussion de service après-vente.

La première : la garantie s’impose au vendeur, pas au fabricant. Le client n’a donc pas à écrire à la marque, à chercher un service consommateurs, ni à faire les intermédiaires. Son interlocuteur est celui qui lui a vendu la cuisine, et cet interlocuteur ne peut pas se défausser sur son fournisseur.

La seconde : la pose est couverte au même titre que le meuble. Un caisson qui se décroche, un plan mal fixé, un joint absent, un raccordement qui fuit ne sont pas des sujets à renvoyer vers le poseur quand la pose faisait partie du contrat. C’est précisément ce renvoi que beaucoup de clients acceptent sans le discuter, alors que le texte y répond.

La limite est celle du bon sens : la garantie ne couvre ni l’usure normale, ni la mauvaise utilisation. Un chant de plan gonflé par une flaque laissée des mois, et le même chant gonflé faute de joint périphérique, ne relèvent pas du même raisonnement.

Pendant vingt-quatre mois, c’est au vendeur de prouver

Voici la règle qui déplace tout le rapport de force, et qui est presque systématiquement présentée à l’envers dans les échanges de service après-vente.

Les défauts qui apparaissent dans les vingt-quatre mois suivant la délivrance sont présumés exister au moment de la délivrance, sauf preuve contraire. Le client n’a donc pas à démontrer que le défaut existait déjà : il constate, il signale, et c’est au vendeur d’établir le contraire s’il conteste. Pour un bien d’occasion, cette présomption est de douze mois.

La portée pratique est considérable. Quand un tiroir se désolidarise au bout de dix-huit mois, la phrase « il faudrait prouver que ça ne vient pas d’un mauvais usage » inverse la charge de la preuve, et cette inversion n’a pas de fondement. La réponse tient en une ligne, et elle se met par écrit.

La nuance existe et il faut la connaître pour ne pas se tromper de terrain. La présomption est écartée lorsqu’elle est incompatible avec la nature du bien ou avec celle du défaut invoqué. Et il ne s’agit pas d’une garantie automatique : le vendeur conserve la possibilité de démontrer un choc, un dégât des eaux, une utilisation contraire à la notice. Ce qui change, c’est que la démonstration lui incombe, et qu’un simple doute ne suffit pas à écarter la demande.

Deux réflexes rendent cette règle utilisable : dater le constat par une photo dès l’apparition du défaut, et le signaler par écrit, car c’est cette date de signalement qui comptera pour la suite.

Tiroir aménagé avec séparateurs à couverts en bois, vu du dessus

Tiroir aménagé avec séparateurs à couverts en bois, vu du dessus

Ces garanties valent contre le vendeur qui a signé le contrat. Décrivez votre projet pour savoir avec qui vous le signerez.

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Réparation ou remplacement : trente jours, sans frais

Une fois le défaut de conformité admis, la suite est encadrée, et elle l’est de façon assez favorable au client.

Le consommateur choisit entre la réparation et le remplacement. La mise en conformité intervient sans frais pour lui, dans un délai qui ne peut excéder trente jours suivant sa demande.

« Sans frais » se lit littéralement : ni pièce, ni main-d’œuvre, ni déplacement facturé. Un service après-vente qui annonce des frais de déplacement pour intervenir sur un défaut de conformité sort du cadre.

Le choix du consommateur n’est pas absolu, et la nuance mérite d’être dite : le vendeur peut refuser la solution demandée si elle entraîne un coût manifestement disproportionné par rapport à l’autre. Remplacer une cuisine entière pour une charnière défaillante entre dans ce cas de figure. Refuser une réparation raisonnable, non.

Ce qui se passe si rien n’aboutit est la partie la plus utile. À défaut de mise en conformité, le consommateur peut obtenir la réduction du prix ou la résolution du contrat. Quatre situations ouvrent cette voie :

  • Le vendeur refuse la mise en conformité.
  • Le délai de trente jours est dépassé.
  • Des frais sont mis à la charge du client.
  • Le défaut persiste après une première tentative de mise en conformité.

Une seule limite ici : la résolution du contrat est exclue si le défaut est mineur. Un défaut esthétique isolé ne permet donc pas de rendre une cuisine complète, mais il peut fonder une réduction de prix.

Deux pages de ce site prolongent ce sujet côté chantier : ce que change la pose d’une cuisine et électroménager encastrable à toulouse. Si votre projet se situe dans la couronne, les pages de cuisiniste à Blagnac, cuisiniste à Cugnaux et Léguevin décrivent le parc bâti mesuré de ces communes, qui change ce qu’une cuisine y demande. À lire ensuite : Visiter un showroom de cuisines : ce qu’on regarde et ce qu’on demande.

Ce que la réparation et le remplacement font au compteur

Peu de clients savent qu’une intervention sous garantie modifie la durée de la garantie elle-même. Deux règles distinctes s’appliquent, et il ne faut pas les confondre.

Premièrement, tout bien réparé au titre de la garantie légale de conformité bénéficie d’une extension de six mois. Ces six mois s’ajoutent à la garantie restant à courir : ils ne font pas repartir un délai de zéro. Un défaut réparé au bout de vingt mois donne donc une couverture qui se prolonge de six mois au-delà du terme initial des deux ans.

Deuxièmement, si le client a demandé la réparation et que le vendeur procède finalement au remplacement, un nouveau délai de deux ans court à compter de la délivrance du bien de remplacement. Cette règle est réservée au remplacement ; elle ne s’applique jamais à une simple réparation.

Sur une cuisine, ces règles s’appliquent élément par élément. Le remplacement d’un lave-vaisselle ne fait pas repartir la garantie des meubles, et la réparation d’un caisson ne prolonge pas celle des appareils. D’où l’intérêt de conserver une trace de chaque intervention, avec l’élément concerné et la date : c’est cette trace qui permet de savoir, deux ans plus tard, ce qui est encore couvert et ce qui ne l’est plus.

Le document à demander après chaque passage du service après-vente est donc toujours le même : un compte rendu écrit portant la date, l’élément concerné, et la mention réparation ou remplacement.

Une pose couverte, c’est une pose écrite au contrat. Décrivez la pièce pour qu’elle y figure.

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Le vice caché, l’autre terrain

Il existe un second fondement, plus ancien, qui ne se substitue pas au premier : la garantie des vices cachés. Les deux sont cumulables, et c’est le client qui choisit son terrain.

Le vendeur est tenu des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que le client ne l’aurait pas acquise, ou n’en aurait donné qu’un moindre prix. L’action se prescrit par deux ans à compter de la découverte du vice.

Ce point de départ, la découverte, explique tout l’intérêt de ce fondement : il permet d’agir bien au-delà des deux ans de la garantie de conformité, puisque le compteur ne démarre qu’au moment où le défaut se révèle. Une décision de la chambre mixte de la Cour de cassation du 21 juillet 2023 a toutefois posé une limite : ces deux ans s’inscrivent dans un délai butoir de vingt ans à compter de la vente. Passé ce terme, l’action est éteinte même si le vice vient d’être découvert.

Le prix à payer pour cette durée, ce sont les conditions. Il faut un vice antérieur à la vente, caché, c’est-à-dire non décelable par un examen normal au moment de l’achat, et suffisamment grave. Et la preuve incombe à celui qui achète, ce qui passe souvent par une expertise. C’est l’inverse exact du régime de la garantie de conformité, où la présomption joue en faveur du client pendant deux ans.

En pratique : dans les vingt-quatre mois, la garantie de conformité reste le meilleur terrain, parce qu’elle dispense de prouver. Au-delà, le vice caché devient la seule voie ouverte contre le vendeur.

Découpe d’un plan de travail à la scie plongeante sur rail, en atelier

Découpe d’un plan de travail à la scie plongeante sur rail, en atelier

La garantie décennale ne couvre pas une cuisine posée sur de l’existant

C’est le point qui a changé, et beaucoup de contenus en ligne n’ont pas été mis à jour.

Par un arrêt du 21 mars 2024, la troisième chambre civile de la Cour de cassation a jugé que « si les éléments d’équipement installés en remplacement ou par adjonction sur un ouvrage existant ne constituent pas en eux-mêmes un ouvrage, ils ne relèvent ni de la garantie décennale ni de la garantie biennale de bon fonctionnement, quel que soit le degré de gravité des désordres, mais de la responsabilité contractuelle de droit commun, non soumise à l’assurance obligatoire des constructeurs ». Cet arrêt abandonne la jurisprudence antérieure de 2017, qui étendait la décennale à ces situations.

Première erreur à éviter : écrire ou croire qu’une cuisine est « garantie dix ans ». Posée dans un logement existant, elle ne l’est en principe pas.

Seconde erreur, symétrique et tout aussi fréquente : en conclure qu’il n’y a aucun recours. C’est faux, la responsabilité contractuelle de droit commun du poseur existe. Ce qui disparaît, c’est l’adossement à une assurance obligatoire : si l’entreprise cesse son activité, le recours perd son répondant financier.

Deux qualifications restent l’affaire d’un juge et ne se déduisent ni du montant ni de la durée du chantier. Celle de savoir si l’élément installé constitue en lui-même un ouvrage : une cuisine assemblée, non, mais une opération supposant reprise de cloisons, création de réseaux ou percements structurels peut basculer. Et celle de savoir s’il s’agit d’un chantier sur existant ou d’un ouvrage neuf : dans une construction neuve, la cuisine posée à l’origine reste un élément d’équipement de l’ouvrage et relève d’un autre régime.

La conséquence pratique tient en une question à poser avant de signer : quelle assurance couvre l’entreprise, et pour quoi ?

Vous connaissez vos recours. Reste à lancer le projet : décrivez-le pour être rappelé.

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Quand la discussion se bloque : deux portes

Rien de ce qui précède ne sert si l’interlocuteur ne répond plus. Deux voies existent alors, et elles se préparent avant le blocage.

La médiation de la consommation. Tout consommateur a le droit de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation, et le professionnel doit garantir ce recours effectif. Trois précisions rendent cette voie utilisable. Elle suppose d’avoir d’abord tenté une réclamation écrite directe auprès du professionnel : la médiation n’est pas le premier geste, c’est le second. Elle est gratuite pour le consommateur, non pour le professionnel qui y adhère. Et son issue n’est pas contraignante, ce qui n’enlève rien à son utilité : beaucoup de dossiers se débloquent à ce stade, sans juge et sans frais.

Le crédit affecté. Quand la cuisine a été financée par un crédit affecté, l’emprunteur dispose de quatorze jours calendaires révolus pour se rétracter du crédit, et cette rétractation entraîne la résolution de plein droit, sans indemnité, du contrat de vente. La vente est également résolue de plein droit si le prêteur n’a pas informé le vendeur de l’attribution du crédit dans les sept jours de son acceptation.

Ce mécanisme comporte un piège majeur, et c’est probablement l’information la plus utile de cette page. Si l’emprunteur a expressément sollicité la livraison ou la fourniture immédiate, la rétractation du crédit ne résout la vente de plein droit que si elle intervient dans les trois jours de l’acceptation du crédit. Signer une demande de livraison anticipée réduit donc ce recours de quatorze jours à trois. Cette case se lit avant de la cocher.

Questions fréquentes

Trois précisions sur ce point

Le vendeur peut-il renvoyer vers le fabricant en cas de défaut ?

Non, pas au titre de la garantie légale de conformité : celle-ci s’impose au vendeur professionnel, qui répond des défauts apparus dans les deux ans de la délivrance. Le client n’a pas à contacter la marque ni à organiser lui-même l’intervention. Rien n’interdit au vendeur de se retourner ensuite vers son fournisseur, mais c’est son affaire, pas celle du client.

Un défaut de pose est-il couvert par la garantie de la cuisine ?

Oui, lorsque la pose a été mise à la charge du vendeur par le contrat ou réalisée sous sa responsabilité. Le texte vise expressément les défauts résultant de l’installation, sur la même durée de deux ans. C’est ce qui permet de traiter un caisson mal fixé, un plan mal calé ou un raccordement défectueux au même endroit que le reste, sans avoir à distinguer le meuble du travail réalisé.

Une cuisine posée dans un logement existant est-elle garantie dix ans ?

En principe non. Depuis l’arrêt du 21 mars 2024, un élément d’équipement installé sur un ouvrage existant, qui ne constitue pas en lui-même un ouvrage, ne relève ni de la garantie décennale ni de la garantie biennale de bon fonctionnement, mais de la responsabilité contractuelle de droit commun. Il y a donc un recours, mais il n’est pas adossé à une assurance obligatoire : la solidité de l’entreprise devient un critère à part entière.

Les recours décrits ici supposent un contrat clair au départ. Décrivez votre projet pour partir sur celui-là.

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Sources

  • Code de la consommation, articles L217-3, L217-7, L217-9, L217-10, L217-13 et L217-14 (garantie légale de conformité)
  • Code civil, articles 1641 et 1648, et Cour de cassation, chambre mixte, 21 juillet 2023 (vices cachés et délai butoir)
  • Cour de cassation, 3ᵉ chambre civile, 21 mars 2024, pourvoi n° 22-18.694 (éléments d’équipement sur ouvrage existant)
  • Code de la consommation, articles L612-1 et L612-2 (médiation de la consommation)
  • Code de la consommation, articles L312-19 et L312-52 (crédit affecté)

Les pourcentages de logements cités sur ce site décrivent le parc diagnostiqué depuis juillet 2021 (Observatoire DPE de l’ADEME), pas le parc total des communes.

Passer à la pratique

Les pages qui traitent le sujet

Comment ça se passe

De la première demande à la cuisine posée

  1. La question

    Ce guide en traite une seule, et cite ses sources en bas de page.

  2. La pièce

    Un relevé sur place transforme la réponse générale en réponse pour chez vous.

  3. Le devis

    Ventilé par taux de TVA, il devient comparable d’une entreprise à l’autre.

  4. La suite

    Fabrication, pose, réception. Les guides voisins couvrent chacune de ces étapes.

Qui intervient

Une entreprise du secteur, pas un centre d’appels

Une entreprise de cuisine couvre votre commune. C’est elle qui viendra mesurer la pièce, dessiner le plan et chiffrer, après votre demande.

Un concepteur

Il relève la pièce, situe les arrivées d’eau, l’évacuation, l’extraction et le tableau électrique, puis dessine ce que l’espace autorise. Le catalogue vient après le plan, jamais l’inverse.

Un poseur

Il dépose l’ancienne cuisine, met les caissons à niveau, ajuste le plan de travail et raccorde. C’est lui qui découvre ce que le mur cachait, et c’est pour ça que la visite précède le devis.

Vous, avec un interlocuteur

Votre demande part chez nous, pour votre commune. Vous n’êtes pas rappelé par cinq enseignes le même jour, et vous savez qui vient.

Retours

Ce qu’en disent les personnes déjà accompagnées

Moyenne de 4,8 sur 5 sur les 3 avis affichés ci-dessous.

5,0 sur 5

J’avais acheté mes meubles en kit et je cherchais juste un poseur fiable. Contact pris via le site, visite pour vérifier mes murs pas droits, et pose faite sur deux jours. L’homme a même repris une charnière qui grinçait trois semaines après, sans discuter. C’est ce genre de suivi qui manque partout ailleurs.

A. à Toulouse, janvier 2026

4,5 sur 5

Le poseur intervenait justement sur mon lotissement la semaine suivante. Installation faite en une journée et demie, raccordements compris. Il restait un joint à reprendre près de la crédence, il est revenu le faire. Du sérieux.

F. à Plaisance-du-Touch, avril 2026

5,0 sur 5

Difficile de trouver quelqu’un qui accepte une cuisine en chêne massif, pas en placage. Ici, on nous a confié à un atelier qui travaille vraiment le bois massif. Il nous a montré ses réalisations chez deux clients avant qu’on signe. Quelques mois plus tard, aucune façade n’a bougé malgré l’induction juste dessous.

B. à Blagnac, mars 2026

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